Un potager qui produit sans épuiser le sol repose sur trois habitudes simples, connues depuis longtemps et souvent négligées : faire tourner les cultures, couvrir la terre, et semer au bon moment plutôt qu'au plus tôt.
Revenir chaque année au même endroit avec la même famille de plantes appauvrit le sol des mêmes éléments et installe les mêmes parasites. La rotation classique répartit les cultures sur quatre années selon leurs besoins : les plantes gourmandes comme les courges, les tomates et les choux ; les plantes à racines comme les carottes et les betteraves ; les légumineuses, pois, haricots et fèves, qui enrichissent la parcelle en azote ; puis les plantes à feuilles. La famille des solanacées, tomate, pomme de terre, aubergine, poivron, est celle sur laquelle la règle se respecte le plus strictement.
Certaines associations sont bien établies : la carotte et le poireau se protègent mutuellement de leurs mouches respectives, les œillets d'Inde limitent les nématodes, le basilic accompagne la tomate. D'autres sont défavorables, l'oignon et l'ail voisinant mal avec les légumineuses. Il ne faut pas en attendre de miracle, mais le gain est réel et gratuit.
Un sol nu se tasse, se dessèche et se salit d'adventices. Un paillis de tontes séchées, de feuilles mortes ou de paille conserve l'humidité, limite les arrosages et nourrit la terre en se décomposant. En hiver, un engrais vert semé à la place du paillis, phacélie, moutarde ou seigle, protège et structure le sol jusqu'au printemps.
Le calendrier théorique compte moins que la température réelle du sol. Semer des haricots dans une terre à dix degrés donne une levée irrégulière quelle que soit la date affichée sur le sachet ; attendre dix jours de plus rattrape tout. Les semis sous abri de février et mars ne servent qu'à prendre de l'avance sur les espèces à cycle long, tomates, poivrons et aubergines.
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